Introduction

Ce dossier rassemble plusieurs analyses et études sur le thème de parentalité, éducation et autorité parentale, publiées par Familles Durables et issues de sources institutionnelles et scientifiques.

Le sens de l’autorité: des recommandations pour une refondation

Le 15 juin, le think tank VersLeHaut, dédié à l’éducation, publiait le rapport “Le sens de l’autorité”, rédigé par Stéphan Lipianski. Un travail exceptionnel fondé sur plusieurs mois de rencontres avec des éducateurs, des parents, des enseignants, “qui (re)construisent au quotidien la légitimité de l’autorité éducative.”

Appuyé sur de nombreux témoignages et initiatives de terrain, ce travail propose un diagnostic lucide sur le phénomène des abus d’autorité mais également des éléments concrets pour accompagner les éducateurs et mieux répondre aux besoins des enfants et des familles.

“Le développement de l’enfant appelle un besoin d’assistance, d’accompagnement qui engage la communauté des adultes, parents et professionnels de l’éducation en premier lieu. L’autorité qui leur est confiée est liée à l’exercice de leurs responsabilités éducatives.Néanmoins, cet exercice ne va pas de soi. Les éducateurs sont nombreux à voir leur autorité remise en question, leurs pratiques questionnées, leur légitimité ébranlée.”

Acces au rapport verslehaut “le sens de l’autorité”

Pour aller plus loin :

Éducation, peut-on fabriquer l’enfant parfait ? Isabelle Roskam répond

L’enfant prend désormais plus de place dans la famille et dans la société en générale

Il faut attendre la fin du XIXè siècle pour que l’enfant cesse d’être considéré comme une force de travail, comme un être à rééduquer, détaille Isabelle Roskam. C’est à partir du XXe siècle que sont développées des politiques de protection de l’enfance qui font de lui un être à protéger, avec la naissance de l’UNICEF. Cela va culminer en 1989 avec la Déclaration Universelle des droits de l’Enfant et la notion d’intérêt supérieur de l’enfant.

Comment les parents choisissent-ils l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants ?

Pour la spécialiste, les parents auront du mal à se détacher de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue, faute d’avoir connu plusieurs modèles. Ils vont s’attacher à rendre autonome leurs enfants dans une culture dominante en leur transmettant les codes, culture dominante qui en occident prône la compétitivité, la performance, la résilience.

Vouloir que son enfant soit parfait résulte du stress parental de vouloir protéger ses enfants à tout prix de ce qui pourrait leur arriver

Isabelle Roskam souligne le bienfondé de la perspective des intelligences multiples qui permet de proposer une alternative à la croyance du besoin de perfection. “Chaque humain est défini par une série d’intelligences, série qui peut varier.” Elle invite les parents à encourager leurs enfants à reconnaître leurs forces pour les exploiter, et leurs difficultés sans les vivre comme des menaces.

“Il faut éviter la comparaison sociale, qui pour la majorité des gens est destructrice.”

Allant à l’encontre du culte du premier de la classe, Isabelle Roskam propose de valoriser les efforts et la persévérance plutôt que la comparaison sociale qui engendre mauvaise d’estime de soi ou jalousie de la part des autres enfants.

Être parent est un job complexe, mais attention à ne pas sombrer dans l’hyperparentalité

Une recherche de la perfection dans la parentalité mène de nombreuses personnes au burnout, tant elles essayent d’attendre des objectifs irréalisables compte tenu de leur temps disponible, cercle social ou de leurs revenus. “La parentalité est un investissement à long terme”, et il est impossible d’être parfait toute la journée.

Isabelle Roskam, de l’UCLouvain : “Le culte de l’enfant roi, un danger pour la démocratie !”

Le culte de l’enfant roi menace nos démocraties. C’est la conclusion choc d’une étude récemment publiée par des chercheurs de l’UCLouvain. Ils appellent à trouver “unnouvel équilibredans l’éducation des enfants”, à combiner “une discipline ferme et juste avec de la bienveillance”.

Alors que l’enfant a été négligé voire méprisé pendant des siècles, il est aujourd’hui chéri et protégé. En soi, c’est bien évidemment une avancée, on lui reconnaît desdroitset il estmoinsvictime deviolence, mais cette évolution connaît aussi des dérives. Des enfants surprotégés, survalorisés, dont tous les besoins sont satisfaits instantanément “risquent de pâtir de problèmes desanté mentale(symptômes dépressifs et anxiété) et physique (risques d’obésité), de devenir plusnarcissiqueset moins matures et de développer moins de compétences cognitives. Lesadultesrisquent en outre des’épuisertoujours plus dans leur volonté de se rapprocher des besoins et intérêts des enfants.”

Et, à terme, en très résumé, cela constitue une menace pour nos démocraties parce que ces enfantsindividualistesauront du mal à privilégierl’intérêt général, déclare Isabelle Roskam.

Pour approfondir : Interview d’Isabelle Roskam sur RTL Info

Publication RTBF Société :“Gare à l’enfant roi” : OK mais on fait quoi ?

Un parent idéal, c’est quoi ? Les croyances passées à la loupe dans 37 pays

Que signifie être un parent idéal ? Est-ce que la réponse diffère selon les pays et les classes sociales ? C’est la question que se sont posées Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak et Gao-Xian Lin dans leJournal of Cross-Cultural Psychology

Afin d’adresser cette question de croyance tout en prenant soin de minimiser les biais et l’ethnocentrisme, l’équipe a posé des questions ouvertes à 8 357 mères et 3 517 pères provenant de 37 pays différents.

Suite à la réception des réponses, des zones culturelles et leurs caractéristiques ont pu être identifiées par la “Leximancer Semantic Network Analysis”.

Les résultats ont souligné l’existence de différents types spécifiques de croyances en une parentalité idéale dans 5 zones culturelles :

  • Pour les parents asiatiques, la priorité est accordée à “être responsable et centré sur l’enfant/la famille”
  • Pour les parents africains, il s’agit d’être “responsable et concentré sur le bon comportement”
  • Les parents hispaniques et Italiens répondent prioritairement qu’il s’agit d’être “aimant et reponsables”

Dans les deux zones suivantes, les caractéristiques identifiées sont l’amour et la patience. Cependant, des différences subtiles ont été remarquées :

  • Les parents anglophones, les parents d’autres pays de l’Union européenne et les parents russes donnent plus d’importance à l’attention donnée, alors que les parents francophone priorisent la qualité d’écoute, ou de présence.

Les croyances de parentalité idéale diffèrent selon les niveaux d’éducation, identifie l’article publié dans la revue scientifique, mais aucune tendance générale n’a pu être identifiée à travers les cultures.

Ces conclusion suggèrent que le pays dans lequel les parents sont nés ne peuvent pas à eux seuls pleinement expliquer les différences dans les croyances en la parentalité idéale, et que les différences issues des classes sociales et de l’éducation ne peuvent être éludées.

Pour accéder à l’article en langue anglaise, c’est par ici.

L’ONU célèbre le 1er juin la journée mondiale des parents

En 2012, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a décidé de faire du 1er juin de chaque année la“journale mondiale des parents”. L’Assemblée générale a pourtraditionde décréter des journées mondiales consacrées à certains sujets en lien avec ses activités ; le thème de la parentalité, comme celui du soutien à la famille est étroitement lié au développement social, mission pilier de l’ONU. Ce faisant, elle “invite les États Membres à marquer la Journée mondiale des parents en étroite association avec la société civile, particulièrement les jeunes et les enfants.”

“La responsabilité première des parents a toujours été de prendre soin des enfants, de les protéger et d’assurer le développement harmonieux de leur personnalité. La famille doit garantir un climat de bonheur, d’amour et de compréhension pour permettre aux enfants de mieux grandir et affronter l’avenir. Cette Journée mondiale rend hommage au dévouement des parents, à leur engagement et leur sacrifice pour assurer l’avenir de leurs enfants.”Page de la Journée Mondiale des Parents, ONU

Pour accéder aux resources institutionnelles proposées par l’ONU,cliquer ici.

IYF+30 : vers le trentième anniversaire de l’année internationale de la famille

L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a fait de 1994 l’année internationale de la famille. À l’approche du trentième anniversaire de cette année, en 2024, désignée par le sigle IYF+30 (International Year of the Family, 30th anniversary), la mêmeassemblée généralea désirer se concentrer sur les 4 thèmes suivants :

  • Le changement technologique
  • Les migrations et l’urbanisation
  • Les changements démographiques
  • L’urbanisation et les familles

Accéder au portail officiel de l’ONU dédiées au trentième anniversaire de l’année internationale de la famille.

Présence des parents : des effets inégaux sur les compétences sociales et émotionnelles des enfants

S’il est reconnu que le temps passé avec les parents détermine fortement le développement des enfants, on en sait toujours peu sur les effets particulier du temps passé avec les deux parents ensemble, uniquement la mère ou uniquement le père.

C’est cette question qu’étudie Hélène Le Forner dans un article scientifique publié en décembre 2021 dans DIAL (Dynamics of inequality across the lifecourse) en décembre 2021.

Résulats, les effet du temps passé avec le père uniquement sur les compétences verbales et socio-émotionnelles sont moindres que ceux du temps passé avec la mère uniquement ou les deux parents.

L’universitaire estime ces effets moindres de la présence paternelle résultent d’un temps généralement plus faible consacré aux enfants par ceux-ci. Cette étude appelle à la misse en place de politiques encourageant un plus fort engagement des pères auprès des enfants.

Accès à l’article : cliquez ici.