En France, l'entrée dans l'âge adulte s'est considérablement allongée. Selon l'INSEE, l'âge médian de décohabitation du domicile parental est désormais de 23,6 ans — parmi les plus élevés d'Europe occidentale. Derrière ce chiffre se dessine un paradoxe : jamais les jeunes n'ont été aussi diplômés, mais jamais les obstacles à l'autonomie n'ont été aussi structurels — précarité de l'emploi, crise du logement, coût des études, santé mentale fragilisée. La tranche des 18-25 ans est aujourd'hui la plus exposée à la pauvreté relative en France.
L'autonomisation des jeunes est un processus multidimensionnel qui ne se réduit pas à l'accès à l'emploi. Il englobe la capacité à se loger, à gérer ses ressources financières, à construire des relations sociales stables et à prendre soin de sa santé mentale. Les études sociologiques récentes (notamment les travaux de l'INJEP et de l'OFCE) montrent que cette transition est fortement conditionnée par le capital social et économique des familles d'origine : les inégalités se transmettent et se renforcent dans cette phase critique. La rupture du lien familial, lorsqu'elle est subie plutôt que choisie, est un facteur de vulnérabilité documenté.
Familles Durables analyse les politiques d'accompagnement des 16-25 ans : garantie jeunes, revenu d'engagement, politiques de santé mentale, soutien à la décohabitation. Nous examinons aussi le rôle que les familles jouent dans cette transition — entre soutien essentiel et risque de surprotection — pour nourrir une réflexion sur ce que signifie accompagner sans entraver.