Introduction

Ce dossier rassemble plusieurs analyses et études sur le thème de paternité et implication des pères, publiées par Familles Durables et issues de sources institutionnelles et scientifiques.

L’implication paternelle active pendant les trois premières années est liée à une meilleure auto-régulation des enfants de 4 ans

Dans un article publié le 9 mai 2022 dans la revueSocial Developpement, les auteursJulia S. Feldman,Daniel S. Shaw,Kristin Berg Nordahl,Agathe Backer-Grøndahl,Ane Nærdedémontrent une relation positive stable et longitudinale entre l’exercice actif du rôle de père et l’auto-régulation de leurs enfants à l’âge de 4 ans.

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Le nombre d’enfants est lié à l’insertion professionnelle des pères

Dans un article intitulé “Family size and men’s labor market outcomes: do social beliefs about men’s roles in the family matter?” (Taille des familles et résultats des hommes sur le marché du travail : est-ce que les croyances sociales importent ?) publié en janvier 2022 dans la revue Feminist Economics, Anna Baranowska-Rataj et Anna Matysiak démontrent la relation entre la position des pères sur le marché du travail et le nombre d’enfants.

Accéder à l’étude :

https://doi.org/10.1080/13545701.2021.2015076

Post-partum : les bienfaits prouvés du congé paternel sur la santé maternelle

Dans une étude publiée en 2021, Petra Persson et Maya Rossin-Slater de l’Université de Stanford soulignent les effets des congés paternels flexibles – et donc de la possibilité à être présents aux côtés de leur conjointe – sur la santé physique et mentale des mères pendant le post-partum. Ils sont positifs, et soulignent l’utilité du congé des deux parents en même temps, plutôt que l’un après l’autre.

Maya Rossin-Slater, PhD, est Professeure-Assistante en Recherche de Santé et en Politique à la Faculté de Médecine de l’Université de Stanford.

Petra Person, PhD, est Professeure-Assistante en économie à l’Université de Stanford

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Interview de Dr Maya Rossin-Slater à l’occasion du mois des femmes

Les raisons du non-recours au congé paternité en France

Dans le Céreq Bref n°419, Alix Sponton (Sciences Po Paris, Observatoire sociologique du changement – Institut National d’Études démographiques) se penche sur les freins au recours au congé de paternité chez les jeunes pères.

Alors que la majorité des pères recourent au dispositif, environs 30% n’exercent pas leur droit. Dans quelle mesure ce non-recours est lié à leur degré d’implication dans la sphère familiale ?

En conclusion et en guise de recommandation, l’autrice souligne que “la littérature internationale indique que les congés les plus propices à favoriser l’investissement des hommes dans les tâches parentales et domestiques sont ceux rémunérés, réservés aux pères, de plusieurs mois et utilisés en partie en dehors du congé de la mère.“

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Université de Leeds : l’implication paternelle avantage les enfants dès la maternelle

“Les mères assument toujours le premier rôle de soignant, et donc prennent en charge le gros de la garde d’enfants. Cependant, si les pères s’impliquent activement dans la garde des enfants, la probabilité que ces enfants aient de meilleurs résultats dans les classes maternelles est plus importante. C’est pour cette raison qu’il est critique d’encourager et de soutenir les père afin qu’ils partagent la garde d’enfants avec les mères”,explique dans The Guardianla directrice de la rechercheHelen Norman, cherheure à la Leeds University Business School.

L’analyse des résultats à l’école primaire d’enfants de 5 à 7 ans issus de 5000 foyers composés d’une mère et d’un père en Angleterre a souligné les effets positifs de l’implication des pères, spécialement lorsqu’ils dessinent, jouent et lisent avec leurs enfants de trois ans

Accéder à l’article en anglais sur le site PIECE Study

La neuroplasticité induite par la paternité confirmée

Si la maternité biologique et les implications hormonales sur le cerveau sont connues des scientifiques,Magdalena Martínez GarcíaetDarby Saxbeont démontré que la naissance d’un enfant impliquait également des effets neuroplastiques chez leurs pères.

“Nous avons trouvé plusieurs changements significatifs dans le cerveau des pères du prénatal au post-partum qui n’ont pas émergé chez les hommes sans enfant que nous avons suivis au cours de la même période”, ont rapporté les chercheuses.

Aux États-Unis, le temps passé par les pères aux soins et à l’éducation de leurs enfants a triplé au cours des 50 dernières années. Cette augmentation est encore plus forte dans les pays ayant augmenté la durée du congé paternité rémunéré, comme l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, et l’Islande. De plus en plus, la recherche démontre que les enfants bénéficiants de pères impliqués ont une meilleure santé physique, et font preuve d’une meilleure performance cognitive.

L’étude démontre que les changements sont plus importants à mesure de la durée du congé paternité, permettant aux jeunes pères d’être plus sensibles aux signaux envoyés par le nourrisson.

Pour accéder à l’article en anglais sur le site de The Conversation, c’est par ici.

Pour accéder à l’article en français sur le site de l’ADN,c’est ici, et pour l’article sur le site de France TV info,c’est par là.

Étude : 66% des pères veulent être plus impliqués dans les premiers jours de leurs enfants

Trois quarts des nouveaux pères admettent qu’ils se sentent mis de côté pendant les premiers jours de paternité.

L’étude, menée par OnePoll et commandée par Aptamil pour marquer le lancement de la campagne “Partagez les moments qui importent” a analysé les réponses de 1 015 parents et enfants britanniques âgés de 6 mois à 5 ans.

Elle a démontré que 69% des pères ont ressenti qu’ils devenaient de “vrais” parents qu’après avoir partagé des responsabilités avec la mère de leur enfant. 76% des pères se disent heureux à l’idée de sortir seuls avec leur enfant, et 70% ont hâte de passer du temps seul avec leur enfant.

83% d’entre eux ont déclaré que nourrir leur enfant était leur moment préféré de la journée, et 76% déclarent que cela leur procurent un sentiment d’accomplissement.

Parmi les parents partageant la responsabilité de nourrir leur enfant, 6 sur 10 déclarent que cela améliore leur relation, et 44% se sentent plus proches l’un de l’autre.

88% des mères apprécient observer le développement de la relation entre leur bébé et son père pendant les repas.

Le peau-à-peau (50 %), le contact oculaire (66 %), parler (52 %), et d’autres formes initiales de communication comme sourire, imiter les mouvements (48 %) figurent parmi les expériences qui contribuent également à construire la plus forte connexion entre les pères et leurs enfants.

Pour accéder à l’article de Newsweek, cliquer ici.

“Le congé paternité contribue à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes”, selon une étude de l’EDHEC Business School

“80 % des personnes ayant répondu à notre enquête indiquent que le congé de paternité contribue à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes :Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à le penser (écart de 7 points)Les jeunes sont plus nombreux que les seniors à le penser (écart de 15 points)”EDHEC Business School, étude sur le congé de paternité et d’accueil de l’enfant en France, 2022

Vingt ans après sa création et un an après l’allongement de sa durée, où en est-on du congé de paternité et d’accueil de l’enfant en France ?

C’est la question à laquelle a souhaité répondre la Chaire Diversité et Inclusion deEDHEC Business Schoolen réalisant une enquête auprès de plus de 780 personnes.

Alors que la parentalité a peu d’influence sur la carrière des hommes, elle engendre un ralentissement professionnel pour les femmes ainsi qu’une perte de salaire. Le congé de paternité apparaît comme un levier important de l’égalité entre les femmes et les hommes aussi bien au niveau familial que professionnel.

La dernière enquête nationale sur le congé de paternité en France remonte à 2012 et aucune étude n’a été réalisée en France depuis son allongement en juillet 2021. Partant de ce constat, la chaire propose un état des lieux sur le congé de paternité et d’accueil de l’enfant afin de comprendre les raisons du recours ou non à ce dispositif et d’en explorer les attentes et freins.

Pour accéder à l’étude, c’est par ici.

Mauvaises relations pères-fils, troubles de dysmorphie corporelle et narcissisme vulnérable

Selon une étude en publiée dansPersonality and Individual Differences, de mauvaises relations entre les hommes et leurs pères sont indirectement liés à une augmentation des symptômes de dysmorphie musculaire, via un niveau narcissisme vulnérable accru.

La dysmorphie musculaire, également appelée « bigorexie » ou « anorexie inversée », est un type de trouble dysmorphique corporel (TDC) caractérisé par une préoccupation excessive pour la musculature et la taille du corps, associée à une image de soi déformée.

La dysmorphie musculaire est plus fréquemment signalée chez les hommes que chez les femmes et s’accompagne souvent d’autres problèmes de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété ou le trouble obsessionnel compulsif.

L’article« My father, myself, and my muscles: Associations between muscle dysmorphia, narcissism and relationship with father among exercising males »(Traduction :Mon père, moi-même et mes muscles : associations entre dysmorphie musculaire, narcissisme et relation avec le père chez les hommes faisant de l’exercice) a été rédigée par Matt W. Boulter, Tom Wooldridge, Vegard E. Bjelland et Sebastian S. Sandgren.

Un recueil d’études interdisciplinaires sur la paternité engagée pour les hommes, les familles et l’égalité

Contribution multidisciplinaire à la science managériale, ce le livre en accès libre publié par Springer sous la houlette de Marc Grau Grau (Harvard, Universitat Internacional de Catalunya), Mireia Las Heras Maestro (Harvard) et Hannah Riley Bowes (University of Navarra) comptabilise déjà plus de 28 000 téléchargements.

Touchant aux champs de la santé, des politique sociales et et de l’organisation du travail, il propose une perspective sociale et organisationnelle pour soutenir la paternité, et inclue des analyses sur les barrières pratiques et culturelles au renforcement de la paternité.

Accéder à la publication an anglais par ici

Les bienfaits de la présence paternelle pendant et avant la grossesse

Cet article inaugure la série “La longue liste des effets positifs de la paternité engagée”, inspiré par“The Science of Dad and the Father Effect”, publié sur le média américain Fatherly et évoquée parle site Daddilife.

Si la recherche scientifique que la présence et le soutien des pères pendant la grossesse à des effets sur la santé physique et mentale de la femme enceinte, la recherche a également récemment démontré que la présence des pères avait un effet direct sur la santé des enfants in utero.

Une meilleure santé de la mère et de l’enfant pendant la première année

L’Université de Floride a démontréque moins enfants décédaient pendant la première année (quelqu’en soit la cause) quand les pères étaient présents et impliqués pendant la grossesse de leur partenaire. Par contraste, les enfants ayant des pères absents ont plus de chance de décéder prématurément, et d’avoir un poids à la naissance plus faible. Les complications de santé des mères sont plus probables quand les pères ne sont pas impliqués.

Résultats émotionnels et comportementaux

Une étude de l’Université de Cambridgea démontré que les pères qui sont stressés pendant la grossesse de leur partenaire ont plus de chances d’avoir des enfants faisant l’expérience de problèmes émotionnels et comportementaux pendant la petite enfance.

Si les résultats sont avérés même lorsque la mère ne démontre pas de niveau de stress anormal, la recherche n’a pas encore identifié comment le stress paternel de transmet aux enfants avant la naissance.

La santé des pères importe avant même la conception

On pense désormais que l’influence du pèresur la santé de l’enfant commence dès la conception.De plus en plus d’éléments probantsdémontrent même que l’âge, la santé et le style de vie des pères dès quelques mois avant la conception influent sur le bien-être de leurs enfants après la naissance.

Une paternité engagée contre le sexisme

L’importance de la qualité du lien parental est de longue date connue des sciences sociales, ainsi que son impact sur l’épanouissement de l’enfant.

Cependant, ce sont souvent les mères qui font l’objet d’études et de recommandations, portant la charge mentale de l’amélioration du lien à l’enfant, qui dans un contexte de moindre accès aux réseaux de soutiens communautaires (famille au sens large, travail, services publiques), peuvent faire l’expérience de problèmes de santé physique et mentale.

Une approche plus égalitaire, davantage orientée vers la co-responsabilité parentale doit souligner l’importance du rôle du père, l’occasion d’infléchir les vieux stéréotypes de pères détachés et absents.

Étude : papas impliqués, plus forte fécondité

Les modèles classiques de fécondités se sont retournés

Révolution culturelle : les modèles classiques de fécondité n’expliquent plus les taux de fécondité extrêmement faibles dans les pays à revenu élevé. Dans ces pays, la compatibilité des objectifs professionnels et familiaux des femmes est désormais un facteur clé des décisions en matière de fécondité. C’est ce que démontrentMichèle Tertilt, Anne Hannusch, Fabien Kindermannet Matthias Doepke.

En effet, à mesure que les taux de fécondité ont diminué dans les pays à revenus élevé, la relation entre l’offre de travail des femmes et la fécondité s’est inversée. Aujourd’hui, dans les pays où davantage de femmes travaillent, davantage de bébés naissent.

Dans cette étude publiée en 2022, les auteurs mettent en avant quatre facteurs qui facilitent la combinaison carrière-accouchement : la politique familiale, les pères coopératifs, les normes sociales favorables et la flexibilité du marché du travail.

Les pères coopératifs et le meilleur équilibre “vie pro, vie perso” des femmes

L’étude des emplois du temps montrent que jusqu’il y a quelques décennies, les mères consacraient beaucoup plus de temps aux soins des enfants que les pères. Cependant, dans de nombreux pays, la contribution des pères a depuis augmenté.

La répartition de la garde des enfants entre les parents a un impact direct sur les décisions en matière de fécondité si les parents négocient sur l’opportunité d’avoir des enfants supplémentaires.

Doepke et Kindermann (2019) montrent que, selon des données récentes, les couples sont susceptibles d’avoir un enfant de plus uniquement si les deux partenaires partagent le désir d’en avoir un. Si les hommes contribuent peu à l’éducation des enfants, les femmes seront moins susceptibles d’accepter un autre enfant et la fécondité sera faible.

Conformément à ce point de vue, la figure ci-dessus montre une forte corrélation entre la contribution des hommes à la garde des enfants et aux travaux ménagers et l’indice synthétique de fécondité. Dans tous les pays où le taux de fécondité est inférieur à 1,5 (points bleus), les hommes effectuent moins d’un tiers du travail domestique.

Accès à l’étude via ce lien

Les papas aux petits soins… la suite !

En 2015,la docteure Sarah Schoppe-Sullivan, professeure de psychologie à la Ohio State University a publié dans leJournal of Family Psychologyune étude démontrant que les mères étaient plus susceptible de “fermer la porte aux pères”(gatekeeping behavior)quand elles se sentaient anxieuses et dépressives, quand elles avaient adopté des standards de parentalité excessivement élevés, et… quand les pères manquaient de confiance.

“Manque de confiance et position secondaire des pères sont à bannir”

“Le manque de confiance d’un père peut inaugurer un cercle vicieux. (…) Cela peut également arriver dans le cadre d’une conjugalité épanouie“, commente Jennifer Breheny Wallace l’autrice de l’article.

Les facteurs sociaux, comme les congés payés liés à la parentalité “conspirent pour influencer les comportements degatekeeping, en maintenant les mères dans le rôle de soignant primaire des enfants, et en maintenant les pères dans une position secondaire, en tant que soutien. C’est ce que la société doit changer”, déclareSarah Schoppe-Sullivan, directrice de l’étude. Il est impératif de palier l’insatisfaction quant à la division du travail parental, conclue t’elle.

Améliorer la qualité de son attention émotionnelle

SelonMatt Schneider, père de deux enfants et co-fondateur deCity Dads Group, les pères doivent doivent repousser le mythe voulant que les hommes seraient moins capables d’être sensibles que les femmes. “Apprendre à être un parent chaleureux, émotionnellement attentif n’appelle qu’à apprendre sur le tas, et à rester engagé jusqu’à ce qu’on s’améliore”

Quelques mois après le début du confinement, Making Caring Common a sondé 1 300 parents. Résultat ? 70% des pères, toutes catégories raciales et sociales confondues dans le contexte culturel américain, exprimaient se sentir plus proches de leurs enfants.

Plus de la moitié exprimaient que leurs enfants partageaient davantage leurs émotions. Dans une étude de suivi publiée en juin 2020 sur les raisons de cette proximité améliorée, un des pères a explicité : “il me semble que nous communiquons plus souvent, et plus profondément.”

Pour ledocteur Mark A. Brackett, professeur auCentre d’Étude sur l’Enfance et directeur du Centre sur l’Intelligence Émotionnelle de l’Université de Yale, les pères auraient intérêt à devenir des “scientifiques émotionnels”, c’est à dire faire montre de curiosité à propos des émotions de leurs enfants, et leurs apprendre à mettre des mots sur ces émotions.

“Contrairement à l’écoute orientée vers la résolution des problèmes – un instinct commun chez les hommes – ce type d’écoute active requière de l’empathie. L’idée n’est pas seulement de donner des conseils, mais de faire en sorte que l’enfant s’ouvre en lui posant des questions encourageantes, et écouter leurs réponses.“

“Afin de mieux protéger la santé mentale de nos enfants, et particulièrement des garçons“, expliquela docteure Damour, “il faut leur faire comprendre qu’être fort n’a rien à voir avec être invulnérables.”

Accéder à l’article sur le Wall Street Journal