Introduction
Ce dossier rassemble plusieurs analyses et études sur le thème de grossesse, périnatalité et post-partum, publiées par Familles Durables et issues de sources institutionnelles et scientifiques.
Grossesse : le stress affecte le développement émotionnel des enfants, confirme Northwestern
Ce n’est pas une surprise, et l’Université Northwestern (Illinois, États-Unis) le confirme : non seulement l’expérience du stress mais surtout le type de stress vécu pendant la grossesse affecte le développement émotionnel de l’enfant à naître.
L’étude publiée le 7 septembre 2022 par le journal scientifiqueInfancy.
Les femmes enceintes présentant de plus importantes fluctuations de stress d’un moment à l’autre ont des enfants qui ressentent plus fortement la peur, la tristesse, la détresse à l’âge de 3 mois que les mères dont le niveau de stress varie moins, qu’il soit généralement haut ou bas, selon l’étude de l’Université Northwestern qui s’est penchée sur la trajectoire du développement de l’enfant avant la naissance.
La recherche avait précédemment identifié que la détresse des mères pendant la grossesse était liée au tempérament et au comportement de l’enfant, mais cette étude est la première à prendre en compte les variations de stress en temps réel, plutôt que l’expérience générale moyenne du stresse
“Il se passe quelque chose dans la grossesse, quand la mère fluctue entre des émotions extrêmes, qui prédispose l’enfant à avoir des émotions négatives. Ce type de stress se traduit par de l’instabilité dans les expériences de la vie quotidienne, des facteurs de stress externes imprévisibles ou de l’instabilité dans la manière de percevoir les expériences vécues, et pourrait avoir des implications importantes pour le développement émotionnel de l’enfant.”Leigha MacNeill, Autrice principale de l’étude
Pour accéder à l’article en anglais,cliquer ici.
Pour accéder à la recension de l’article par News Medical Life Science,c’est par ici.
Une étude calcule les effets négatifs de la dépression maternelle sur l’accumulation de capital humain de l’enfant
Une étude calcule les effets négatifs de la dépression maternelle sur l’accumulation de capital humain de l’enfant
La prévalence des troubles de santé mentale est en constante augmentation depuis deux décennies, touchant aujourd’hui plus de 20% de la population du Royaume-Uni et des États-Unis. La dépression est un de ces troubles les plus communs :les troubles de dépression ‘majeurs’ sont de nos jours le plus grand contributeur aux années d’espérance de vie perdues pour cause d’invalidité. La dépression a bien évidemment des effets importants sur la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Cependant, elle peut également affecter les personnes autour des malades, notablement les membres de leur famille.
Dans cette étude,Giorgia Menta, Anthony Lepinteur, Andrew E. Clark, Simone Ghislandi et Conchita D’Ambrosio se demandent dans quelle mesure la dépression des mères affecte le développement scolaire et socio-émotionnel de leurs enfants.
Les auteurs traitent la question des conséquences de la dépression maternelle sur le développement du capital humain des enfants, en ayant recours àdes informations génétiques et socioéconomiques sur des paires de mères et d’enfants venant d’une étude de cohorte basée sur environ 14 000 femmes enceintes venant du Royaume-Uni au début des années 1990.
Il est montré qu’un épisode supplémentaire de dépression maternelle a des effets négatifs persistant sur l’accumulation de capital humain de l’enfant.Ces effets sont larges : ils sont d’environ 20% d’une déviation standard pour les compétences cognitives et de 40% pour les compétences non-cognitives.
Une réduction du nombre d’épisodes de dépression maternelle ne bénéficiera donc pas uniquement aux mères, mais également au développement du capital humain de leurs enfants durant l’adolescence. Sur le long-terme, de meilleures capacités cognitives and non-cognitives acquises pendant l’enfance sont connues pour avoir des conséquences positives dans la vie adulte, comme un meilleur revenu et une probabilité plus faible d’être au chômage.
Titre original de l’article: Maternal depression and child human capital : A genetic instrumental-variable approach
Publié dans: PSE Working Paper n°2021-10
Article plus détaillé en français :https://behavior.parisschoolofeconomics.eu/2021/06/07/depression-maternelle-et-capital-humain-durant-lenfance-une-approche-par-des-variables-instrumentales-genetiques/
Disponible via:https://halshs.archives-ouvertes.fr/PJSE_WP/halshs-03157270
Plus d’une femme sur trois souffre de problèmes de santé persistants après avoir donné naissance
Une mère sur trois en souffrance, mais pas une norme
Les effets à long terme sur la santé causés par le travail et l’accouchement pourraient être plus fréquents qu’on ne le pense. Plus d’une femme sur trois souffre de problèmes de santé persistants après avoir donné naissance, selon The Lancet Global Health. Cela ne signifie pas que les complications post-partum sont normales, selon les auteurs de l’article, dirigés par le professeur Joshua P. Vogel, qui proposent des recommandations pour une amélioration globale de la santé des femmes.
Chaque année, plus d’une femme sur trois dans le monde est susceptible de souffrir d’une maladie postnatale dans les mois ou les années suivant l’accouchement. Celles-ci peuvent aller des lombalgies (touchant 32 % des femmes) aux douleurs lors des rapports sexuels (35 % des femmes), en passant par l’incontinence urinaire (8 % à 31 %), la dépression (11 %-17 %), l’anxiété (9 % à 24 % des femmes), la peur de l’accouchement (6 % à 15 %) ou l’infertilité secondaire (11 %).
Post-partum : des améliorations indispensables
Il existe encore trop peu d’études holistiques concernant la prévalence de ces problèmes de santé. Nombreuses sont celles qui présentent des lacunes méthodologiques, selon les auteurs, entraînant des évaluations de qualité faible, et une difficulté de mise en commun des données en raison de l’usage de différentes définitions cliniques, outils de diagnostic et stratégies d’échantillonnage.
Forte de ce constat, l’équipe de chercheurs appelle à une plus grande reconnaissance, à des mesures améliorées, ainsi qu’à une action et un financement collectifs pour prévenir et gérer les conséquences à moyen et long terme de l’accouchement. Pour approfondir la question de la santé des femmes après l’accouchement, ce guide sur la santé féminine offre des pistes complémentaires.
“Ces conditions ne sont pas inscrites à l’agenda au niveau mondial, ou dans les plans d’action nationaux en matière de santé de nombreux pays, ce qui signifie qu’elles ne sont pas prioritaires du point de vue de la santé publique. Cette négligence a conduit à une perception erronée et infondée selon laquelle ces conditions sont rares ou sans importance. Cependant, la trajectoire de la santé, du bien-être et de la qualité de vie à long terme d’une femme est façonnée par ses expériences pendant le travail et l’accouchement, ainsi que par la qualité des soins qu’elle a reçus à ce moment-là“, conclue l’article.
Hong Kong : l’augmentation du congé de maternité fait chuter les dépressions post-partum de 22%
Une réforme du congé maternité aux résultats positifs
L’augmentation de quatre semaines du congé payé de maternité à Hong Kong en 2020 a considérablement amélioré la santé mentale des mères.
C’est ce que démontrent des chercheurs de l’Université de Hong Kong, de la Duke-NUS Medical School et de l’Université de la Colombie-Britannique dans leur étude publiée en mai 2024 dans Health Affairs.Pour accéder à l’étude, cliquez ici.
Une amélioration observée pour les mères mais aussi pour leurs enfants
L’étude souligne l’impact positif de la décision de Hong Kong d’étendre le congé de maternité payé de 10 à 14 semaines, l’alignant ainsi sur les recommandations de l’Organisation internationale du travail.
En analysant l’état de santé de 1 414 mères, les chercheurs ont constaté :
- une diminution de 22% des symptômes de dépression post-partum chez les mères après le changement de politique
- une baisse de 33 % du nombre de mères dont le bien-être émotionnel affectait négativement la garde de leurs enfants.
Des résultats importants, soulignent les auteurs, étant donné que les taux de dépression post-partum à Hong Kong (30 %) sont nettement supérieurs à la moyenne mondiale (18 %).
Dépression post-partum en France : le suicide, première cause de mort maternel
Selon lerapport conjoint de l’Inserm et de Santé Publique Francepublié le 3 avril 2024 sur les morts maternelles, le suicide en serait la première cause.
“Entre 2016 et 2018, 272 morts maternelles ont été enregistrées en France, soit une mort tous les 4 jours et un ratio de mortalité maternelle (RMM) considérée jusqu’à un an de la fin de la grossesse de 11,8 décès pour 100 000 naissances vivantes, sans diminution par rapport aux périodes précédentes“, rapporte le site SanteMentale.fr
Accès au rapport via ce lien.
Le nouveau congé de naissance au PLFSS 2025 ?
La réforme du congé parental annoncée par le Président de la République Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 16 janvier 2024, prévoyait une nouvelle indemnisation pour ce congé, de durée plus courte que l’actuelle Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), mais d’un montant plus élevé.
Reste à savoir si ce projet sera repris dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2025. Si tel était le cas, cela nécessiterait un investissement massif de l’État dans les systèmes de garde d’enfants.
Sur ce sujet voir également :
- Post-partum : les bienfaits prouvés du congé paternel sur la santé maternelle
- L’impact des violences obstétricales sur le post-partum enfin étudié
- Plus d’une femme sur trois souffre de problèmes de santé persistants après avoir donné naissance
L’impact des violences obstétricales sur le post-partum enfin étudié
“Vécu de la maternité et du post-partum chez des femmes déclarant avoir subi des violences obstétricales, une recherche qualitative exploratoire.“ C’est le titre de la thèse de doctorat de médecine présentée par Marine Jourdan à Université Paris 13relayée par l’Alliance francophone pour l’accouchement respecté(AFAR).
Les participantes ont d’abord décrit ce qu’elles avaient vécu comme violent dans leur prise en charge : un manque d’information, un non-respect du consentement, une non prise en compte de leur douleur, et un accompagnement inadéquat au cours de leur accouchement et dans le post partum. Suite à leurs expériences, les participantes ont construit différentes représentations. La relation soignant-soignée est considérée en termes de lutte et de domination au sein de la maternité devenue un champ de bataille. Ces interactions ont participé à la construction de leur image maternelle, plus ou moins légitime et compétente face à leur nouveau-né.
Le concept de violences obstétricales a été introduit dans les années 1990 en Amérique Latine. En 2018 en France, le Haut conseil à l’égalité hommes femmes a identifié « 6 types d’actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, dont certains relèvent des violences ». L’objectif de cette recherche est d’explorer les représentations des femmes se déclarant victimes de violences obstétricales dans la construction de leur parentalité, et de la relation aux soins.
Pour une meilleure prise en charge des fausses couches
Une fois n’est pas coutume, ce lundi, Familles Durable relaie la tribune pour une meilleure prise en charge par la société des Arrêts Naturels de Grossesses publiée par Le Monde, ainsi que la pétition, toutes deux lancées par les fondatrices du collectif “Fausse couche, vrai vécu” que sontJudith Aquien,Fanny de Font-Réaulx,Mathilde Lemiesle,Anna N’DIAYE,Sandra LorenzoetPaloma Stefani.
“En France, 200 000 femmes traversent cette épreuve chaque année.1 grossesse sur 4 se termine au cours du premier trimestre.1 femme sur 10 risque de subir un arrêt naturel de grossesse au cours de sa vie.Pourtant, à plusieurs niveaux de la société, ces arrêts naturels de grossesse sont encore trop souvent tus et banalisés.”Collectif “Fausse couche, vrai vécu”
Retrouvezla tribune sur le journal Le Monde ici, également surle site Change, ici.
Pour la pétition, c’est par ici.
France : le suicide, première cause de mortalité maternelle
Selon lerapport conjoint de l’Inserm et de Santé Publique Francepublié le 3 avril dernier sur les morts maternelles, le suicide est la première cause de mortalité maternelle considérée jusqu’à un an après la fin de la grossesse.
“Entre 2016 et 2018, 272 morts maternelles ont été enregistrées en France, soit une mort tous les 4 jours et un ratio de mortalité maternelle (RMM) considérée jusqu’à un an de la fin de la grossesse de 11,8 décès pour 100 000 naissances vivantes, sans diminution par rapport aux périodes précédentes“, rapporte le site SanteMentale.fr
Pour accéder au rapport, cliquer ici
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L’ENCMM (enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles) est une enquête menée régulièrement par Santé publique France via le CNEMM (Comité national d’experts sur la mortalité maternelle) et mise en œuvre de manière opérationnelle par l’équipe de recherche en épidémiologie Périnatale, Obstétricale et Pédiatrique (EPOPé) de l’Unité Inserm U1153. L’ENCMM étudie l’ensemble des décès maternels en France.
“Ma pause parentale”, l’initiative qui lutte contre la silenciation des parents dans le monde du travail
Inscrire sa pause parentale sur son CV, et référencer “Ma pause parentale” en tant qu’entreprise sur son compte LinkedIn et y lister les compétences acquises, c’est ce que propose l’initiative “Ma Pause Parentale”, proposé parl’Escaleet inspiré parThe Pregnancy Pause, afin d’en encourager la reconnaissance par la société et le monde du travail.
L’Escale propose un bilan d’accompagnement 100% en ligne pour se retrouver professionnellement après un congé maternité ou parental. Le retour au travail est souvent vécu comme une grande difficulté par de nombreux parents après un congé maternité ou un congé parental, qui est toujours considéré comme un trou dans le CV.
Accéder au site :http://mapauseparentale.fr