Introduction
Ce dossier rassemble plusieurs analyses et études sur le thème de travail, congé parental et conciliation vie pro-vie perso, publiées par Familles Durables et issues de sources institutionnelles et scientifiques.
Étude : 81% des salariés désirent disposer d’un service de garderie au sein de leur entreprise
Génie des Lieuxa souhaité en savoir plus sur les attentes des salariés sur les services à la parentalité en entreprise, à l’occasion de l’allongement du congé paternité. Des français qui semblent attendre beaucoup de leur entreprise dans la mise en place de services à la parentalité mais qui ne s’enthousiasment pas à l’unanimité de l’allongement du congés paternité.
- Pour 74 %, la mise en place de services liés à la parentalité est de la responsabilité de l’entreprise
- 81 % aimeraient disposer au sein de leur entreprise d’un service de garderie ou de crèche
- 78 % des Français en congé de maternité ou paternité télétravailleront quand même
Accéder aux résultats de l’enquête Génie des Lieux
Les politiques d’accueil du jeune enfant, les congés parentaux et leurs effets sur la division genrée du travail
Dans une étude publiée dans “Policy and Society”, édité par Oxford University Press le 20 avril 2022,Meret Lütolf,Isabelle Stadelmann-Steffencombinent une analyse des comportements de travail rémunéré des deux partenaires au sein d’un foyer familial avec une approche comparative des différents cadres politiques nationaux en matière de d’accueil du jeune enfant et de congés parentaux au sein de 21 pays.
En résulte une confirmation que d’intensives politiques d’accueil du jeune enfant et de congés parentaux suite à une naissance sont systématiquement liée à une organisation plus égalitaire du travail au sein du foyer, et particulièrement parmi les couples ayant de jeunes enfants ; cette association pouvant être observée parmi des foyers ayant divers niveaux de normes égalitaires.
Pour accéder à l’étude en anglais, cliquez ici.
Recours des femmes au télétravail : plus de réticence des managers en 2021
Beaucoup de managers restent méfiants à l’égard des femmes sur le recours au télétravail, observent Camille Desjardins et Marion Fortin, membres de l’équipe de recherche du projet Judy (les Dynamiques de la Justice en entreprise).
Ces derniers semblent être“de plus en plus réticents à ces pratiques”,observent-elles, rappelant que selon une enquête de Malakoff Humanis, 25 % d’entre eux déclarent y être hostiles en 2021, contre 18 % en 2019, soit une augmentation de 7%.Prenez connaissance du projet Judy et des résultats de l’étude via ce lien.
Aller plus loin :
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62 % des Français·es sont favorables à une déclaration permettant des aménagements spécifiques dès le début de la grossesse, selon lepremier baromètre OpinionWay pour Familles Durables.
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Alors que la proportion des enfants né prématurément augmente depuis 1995, des études internationales ont démontréjusqu’à 80% de bébés prématurés en moins durant le premier confinement.
Soutien aux familles dans le milieu professionnel : l’UNICEF publie une première étude mondiale
L’UNICEF a publié en août 2022la première étude mondialesur les politiques d’accompagnement des familles dans le milieu professionnel. Elle propose ainsi une perspective issue des employeurs utile à la compréhension et à la mise en place des politiques de soutien aux familles, en anglais “family-friendly policies“.
Cette étude est proposée à tous les responsables, dans les secteurs privés, gouvernementaux ou de la société civile.
Recommandations de l’étude :
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- Soutien des législations et du financement permettant des politiques de soutien aux familles, spécialement pour les PME. (…)
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- Intégration des politiques de soutien aux familles en tant qu’élément clé de l’empowerment économique des femmes et des initiatives de diversité (…)
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- Développement de feuilles de routes et d’outils, et soutien de la recherche sur ce qui fonctionne (…)
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- Développement d’instructions à destination du secteur privé sur l’intégration de politiques de soutien aux familles dans les standards des chaînes logistiques. Ces instructions doivent soutenir le secteur privé dans la gestion des défis pratiques identifiés dans la mise en oeuvre des politiques parmi leurs fournisseurs (…)
- 5. S’assurer de l’équité et de l’universalité dans le développement des politiques de soutien à la familles, devant être disponible à tous les employés (…)
UNICEF-Family-friendly-global-survey-business-policy-2020 Télécharger
Conciliation vie pro, vie perso, les besoins et attentes des familles vues par l’UNAF
Dans son document intitulé « Comment les familles réussissent-elles à concilier leur vie familiale avec leur vie professionnelle ? Besoins et aspirations », l’UNAF propose une analyse de sondagesréalisés par l’institut OpinionWay auprès de 2500 parents.
Cette enquête sur la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle a été complétée par des échantillons de parents dans 39 départements et 9 régions afin de dégager les spécificités ou les ressemblances entre territoires.
L’UNAF, Union Nationale des Associations Familiales, est une fédération d’associations fondée et financée par la puissance publique ayant pour mission de renseigner le gouvernement sur les attentes des familles en France.
Quelques chiffres saillants :
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En une année, les 3/4 des parents ont rencontré des difficultés de conciliation vie pro/vie perso, et plus d’1/3 plusieurs fois par mois.« Contre toute attente, les difficultés sont présentes quel que soit l’âge des enfants au foyer, plus fréquentes dans le cas d’enfants de 4 à 5 ans », analyse l’institution.
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Aménagement des heures de travail : les professions intermédiaires, employées et temps partiels sont sujets à une plus forte rigidité horaire.
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4 parents sur 10 ont déjà limité leur activité pour leur enfant, un chiffre qui atteint 7/10 auprès des nouvelles générations de parents. 82% des parents ont subi une baisse de revenu personnels suite à ces changements dans leur activité professionnelle.
Accès à l’étude sur le site de l’UNAf
OCDE : étude sur les inégalités de genre dans le travail rémunéré et non-rémunéré pendant le Covid-19
Ce lundi 13 décembre, l’OCDE publie une étude dirigée par Valérie Frey, économiste au sein de la division politique sociale, sur les inégalités de genre dans le travail rémunéré et non-rémunéré pendant le Covid-19.
Cette étude confirme que les femmes ont été plus affectées pendant la pandémie, les mères au travail étant les plus touchées, particulièrement lors de la fermeture des écoles.
Points clés :
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Les mères furent trois fois plus susceptibles que les pères de témoigner avoir assumé la plupart ou la totalité du travail de soin non rémunéré lié à la fermeture des écoles et lieux de garde. Cette situation concerne 61,5% des mères d’enfants de moins de 12 ans, et 22,4% des pères. L’étude relate que les pères rapporte être au courant que les mères ont fait plus.
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Les mères d’enfants de moins de 12 ans étaient les personnes les plus susceptibles de perdre leur emploi entre le 4e trimestre 2019 et 3e trimestre 2020.
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L’écart entre les sexes dans le soin non-rémunéré étaient les plus importantes, alors que le père continuait d’être employé et que la mère ne l’était pas. La réciproque n’était pas vérifiée dans les foyers lorsque le père n’était pas employé, et la mère l’était. Les données récoltées montrent que l’emploi des mères n’avait que très peu d’influence sur les conditions de travail non-rémunéré.
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Le soutien de la puissance publique a amoindri les inégalités au sein du foyer : les pays qui ont été capables de limiter les jours de fermeture des classes tendait à avoir moins d’écart entre les sexes en matière de travail non-rémunéré. Les pays démontrant des niveaux historiquement plus élevés de dépenses dans le soutien aux familles ont également démontrés des niveaux plus bas d’inégalités de travail non rémunéré lorsque la Covid a commencé à sévir.
OECD2021-COVID-Caregiving-in-Crisis-RTM-Embargo13Dec2021 Télécharger
Les écueils économiques, culturels et sociaux de la Tentative de Médiation Familiale Préalable Obligatoire (TMFPO)
En 2002, la loi relative à l’autorité parentale, proposée par le gouvernement de Lionel Jospin, institutionnalisait la médiation familiale.
Pour pouvoir revenir sur des décisions de justice, un ex-couple doit désormais entreprendre une Tentative de médiation familiale préalable obligatoire (TMFPO), en vue d’aboutir à un nouvel accord.
“Le recours à l’obligation a pour objectif de contribuer, d’une part, à la diminution de la conflictualité dans les situations de postséparation et, d’autre part, à la déjudiciarisation de certaines décisions des couples séparés. La médiation permet au couple de construire un accord dont l’homologation peut ensuite être demandée au juge. Ce faisant, elle concourt à désengorger les services des affaires familiales en soulageant les magistrats de dossiers qui ne requièrent pas leurs compétences juridiques.“
Le numéro 207 du journalInformations socialespubliait à la fin de l’année 2022 une analyse de la mise en oeuvre de la loi, conduite parValérie Boussard, professeure de sociologie à l’université Paris Nanterre,Ornela Mato, sociologue, postdoctorante au laboratoire Institutions et Dynamiques historiques de l’Économie et de la Société (IDHES) etJiyoung Kim, doctorante en sociologie au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES).
La médiation familiale après séparation “n’arrive pas à ses fins“
Le résultat est selon les expertes insatisfaisant : “L’obligation n’arrive pas à ses fins.” (…)“L’analyse peut expliquer le succès très relatif du dispositif si elle prend en compte le profil sociologique des justiciables – notamment sexe, revenu, origine – et le motif de la requête, éclairant le poids des inégalités sociales en matière de justice.”
Enseignements principaux :
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La pension alimentaire est le sujet le plus litigieux.
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Plus les justiciables se trouvent dans les conditions économiques et professionnelles fragiles, plus il y a des risques que la question de la résidence et du droit de visite devienne problématique.
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Les femmes des classes populaires et moyennes font plus souvent face à des ex-conjoints qui n’assument plus leur rôle de père.
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Les hommes des classes moyennes et supérieures d’origine française ont un discours à la fois positif et volontariste sur la médiation, sur laquelle ils se sont renseignés à l’avance.
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Les ex-couples dont le défendeur ne se présente pas au rendez-vous d’information initial sont plus défavorisés d’un point de vue économique.
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Les défendeurs d’ex-couples repérés par l’enquête comme « d’origine étrangère » se présentent moins au rendez-vous d’information que les défendeurs d’ex-couples « d’origine française »