La santé mentale des mères reste un impensé des politiques de santé en France. Sophie Marchand, psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité à Paris, lève le voile sur la dépression post-partum, l'épuisement maternel et la culpabilité qui empêchent les mères de demander de l'aide. Un entretien sans concession sur un enjeu de santé publique trop longtemps occulté.
La santé mentale des mères est un sujet qui reste, en 2026, profondément invisibilisé — et pourtant, l’INSERM a démontré que le suicide est la deuxième cause de mortalité maternelle en France. On parle abondamment du bien-être de l’enfant, de l’éveil, de l’attachement, de la petite enfance. On parle bien moins de ce que traversent les mères — ce que l’on leur impose de traverser — dans le silence de leur quotidien. Dépression post-partum, épuisement maternel, culpabilité chronique, sentiment d’isolement : ces réalités concernent des centaines de milliers de femmes en France chaque année.
Pour en parler sans fard, nous avons rencontré Sophie Marchand. Psychologue clinicienne depuis 14 ans, elle exerce en cabinet libéral dans le 15e arrondissement de Paris, où elle reçoit principalement des femmes en période périnatale — de la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant. Elle est également référente périnatalité dans un réseau de soins de ville parisien.
Sophie Marchand
Psychologue clinicienne, spécialisée en périnatalité et maternité
14 ans de pratique en cabinet libéral à Paris (15e). Référente périnatalité dans un réseau de soins primaires. Formée aux approches d'attachement et aux thérapies brèves.
Portrait éditorial — cet entretien synthétise les réflexions issues d'échanges avec plusieurs professionnels de santé périnatale.
État des lieux : la santé mentale des mères en France en 2026
Claire Vasseur : Sophie, quel tableau dressez-vous de la santé mentale des mères en France aujourd'hui ?
Sophie Marchand : Un tableau à deux visages. D'un côté, les chiffres sont éloquents : entre 10 et 20 % des femmes développent une dépression post-partum dans l'année suivant l'accouchement — la HAS retient 15 % en moyenne, soit plus de 100 000 femmes chaque année. À cela s'ajoutent les états anxieux périnataux, largement sous-diagnostiqués, et ce que les cliniciens commencent à documenter sous le terme d'épuisement maternel chronique. De l'autre côté, ce tableau reste largement invisible socialement. La maternité est encore culturellement associée à l'épanouissement, à la complétude. Une mère qui souffre a du mal à se nommer comme telle sans se sentir en faute.
Reconnaître la dépression post-partum versus le baby blues
Claire Vasseur : Comment distinguer concrètement le baby blues normal de la dépression post-partum qui nécessite une prise en charge ?
Sophie Marchand : La distinction repose sur trois critères : le timing, la durée, et l'intensité des symptômes.
Le baby blues survient dans les trois à cinq premiers jours après l’accouchement — c’est en grande partie une réaction neurobiologique à la chute brutale des hormones de grossesse. La femme pleure sans raison apparente, se sent dépassée, irritable. C’est douloureux, mais c’est transitoire : cela se dissipe en quelques jours, presque toujours sans intervention.
La dépression post-partum, elle, ne se dissipe pas. Elle peut démarrer dans les premières semaines, parfois plus tard — jusqu’à un an après l’accouchement. Elle s’installe, s’épaissit. La mère éprouve une tristesse persistante, une incapacité à ressentir du plaisir ou de l’amour pour son bébé, des angoisses intenses — y compris des angoisses très spécifiques : peur de faire du mal à son bébé involontairement, peur d’être une “mauvaise mère”, pensées intrusives. Elle peut avoir du mal à dormir même quand le bébé dort, perdre l’appétit, ou au contraire manger compulsivement.
Ce qui doit alerter l’entourage : une mère qui ne parle plus de son bébé avec chaleur, qui évite de le prendre dans les bras, qui délègue excessivement les soins, qui pleure sans pouvoir s’arrêter. Et surtout : une mère qui dit “je suis nulle” ou “mon bébé serait mieux sans moi”. Ces formulations méritent une consultation médicale dans les 48 heures.
À retenir Le baby blues est transitoire et ne nécessite pas d'intervention. Dès qu'une mère exprime "je suis nulle" ou "mon bébé serait mieux sans moi", ou qu'elle évite le contact avec son bébé plus de deux semaines, une consultation médicale s'impose sous 48 heures.
Pourquoi les mères n’osent-elles pas demander de l’aide ?
Claire Vasseur : Vous avez dit que les mères n'osent pas demander de l'aide. Pourquoi ?
Sophie Marchand : C'est la question centrale, et j'y consacre beaucoup d'énergie thérapeutique. Il y a plusieurs couches.
La première, c’est la culpabilité anticipée. La mère pressent qu’elle sera jugée si elle avoue qu’elle ne se sent pas bien. Jugée par son entourage (“tu as un bébé en bonne santé, tu devrais être heureuse”), jugée par les professionnels de santé (“vous n’avez peut-être pas suffisamment dormi ?”), parfois même jugée par les institutions — une peur irrationnelle mais prégnante d’être considérée comme une “mère inadéquate” et que l’enfant lui soit retiré.
La deuxième couche, c’est la minimisation. La souffrance des mères est culturellement normalisée. “C’est dur d’être maman”, “on est toutes fatiguées”, “tu verras, ça passe”. Ces formules bienveillantes ont pour effet pervers de valider l’idée que souffrir fait partie du contrat maternel. Alors la mère attend que ça passe. Et si ça ne passe pas, elle se dit qu’elle est moins solide que les autres.
La troisième couche, c’est la logistique. Prendre rendez-vous avec un psychologue quand on a un nourrisson et que l’on est épuisée, c’est difficile. Trouver quelqu’un de disponible, financer les séances, trouver une garde pendant le rendez-vous : autant d’obstacles concrets qui dissuadent les mères les plus vulnérables — souvent celles qui en auraient le plus besoin.
Impact de l’épuisement maternel sur les enfants
Claire Vasseur : Quel est l'impact concret de cet épuisement maternel sur les enfants ?
Sophie Marchand : La science est très claire là-dessus, et c'est précisément pour ça qu'il est si important de soigner les mères. Une mère en dépression post-partum non traitée présente ce que les chercheurs appellent une **réduction de la sensibilité maternelle** : elle répond moins vite aux signaux du nourrisson, avec moins de chaleur, moins de synchronie. Pour un bébé dont le cerveau se construit à vitesse accélérée, cette désynchronie a des effets mesurables.
Les études longitudinales montrent que les enfants de mères ayant vécu une dépression post-partum non traitée ont des scores légèrement inférieurs aux tests de développement cognitif à 18 mois, et un risque accru de troubles émotionnels à l’entrée à l’école. Je dis “légèrement” et “risque accru” — pas de déterminisme. La présence d’un père ou d’un autre adulte de référence sensible peut compenser beaucoup.
Mais surtout : quand on soigne la mère, l’enfant va mieux. C’est documenté. Les programmes d’intervention qui traitent la mère et accompagnent simultanément la dyade mère-enfant ont les meilleurs résultats à long terme. Soigner la mère n’est pas un luxe : c’est de la prévention pédiatrique.
À retenir Une dépression post-partum non traitée est associée à des scores légèrement inférieurs aux tests de développement cognitif à 18 mois. Mais quand la mère est soignée, l'enfant en bénéficie directement : soigner la mère est un acte de prévention pédiatrique.
Le traitement de l'épuisement maternel bénéficie directement à l'enfant, constituant un acte de prévention pédiatrique essentiel.
Burn-out maternel versus burn-out parental : une distinction utile ?
Claire Vasseur : On parle de plus en plus de burn-out parental, mais aussi de burn-out maternel spécifiquement. Est-ce une distinction utile ?
Sophie Marchand : Utile, oui, dans la mesure où elle nomme une expérience spécifique. Les mères ne vivent pas le burn-out parental de la même façon que les pères. Elles portent encore en grande majorité la charge mentale domestique et éducative, elles gèrent les rendez-vous médicaux, les échanges avec l'école, les vêtements de saison, les anniversaires. Et elles portent en plus la charge symbolique de la "bonne mère" — une injonction à l'amour inconditionnel, à la disponibilité permanente, au sacrifice de soi.
Le burn-out maternel intègre aussi des dimensions biologiques spécifiques : la récupération physique de l’accouchement, parfois encore incomplète des mois après ; l’allaitement et l’hyperconnection physique au nourrisson qu’il implique ; les dérèglements hormonaux post-partum. Ce sont des réalités physiologiques qui n’ont pas d’équivalent masculin.
Cela dit, l’épuisement parental tel que formalisé par Roskam et Mikolajczak s’applique aux deux parents, et les pères en souffrent aussi, souvent de façon encore plus silencieuse. Les deux concepts coexistent et se complètent.
Claire Vasseur : Quel rôle le partenaire peut-il jouer concrètement ?
Sophie Marchand : Un rôle décisif. La recherche le confirme : la qualité du soutien du partenaire est l'un des principaux facteurs protecteurs contre la dépression post-partum maternelle. Non pas le soutien "idéal", mais le soutien **perçu** par la mère comme réel et adapté.
Ce que les mères décrivent comme aidant : être vue dans sa fatigue sans avoir à la justifier, avoir des plages de sommeil protégées, que le partenaire prenne des initiatives (donner le bain, gérer une nuit) sans avoir besoin d’être sollicité. Ce qu’elles décrivent comme blessant : minimiser (“tu fais une montagne”), comparer (“ma sœur a eu des jumeaux et elle s’en sort”), ou aider sous condition (“dis-moi ce que tu veux que je fasse”).
Dans les couples où la communication est difficile, une thérapie de couple ou des entretiens parents-enfant avec un thérapeute périnatal peuvent redonner des outils. Ce n’est pas un aveu d’échec : c’est reconnaître qu’on traverse quelque chose d’intense qui mérite un accompagnement.
Comment le système de santé français traite-t-il ces problèmes ?
Claire Vasseur : Le système de santé français est-il à la hauteur ?
Sophie Marchand : Honnêtement ? Pas encore. Il y a eu des avancées réelles — l'entretien prénatal précoce (ou entretien du 4e mois), qui permet de repérer les situations de vulnérabilité, est mieux mis en œuvre depuis quelques années. La HAS a renforcé ses recommandations sur le dépistage de la dépression post-partum. Les unités mère-enfant existent et fonctionnent bien, mais leur nombre est insuffisant — on compte environ 70 UME en France pour tout le territoire.
Le problème principal reste l’accès aux soins psychologiques. Le dispositif MonPsy (jusqu’à 8 séances remboursées sur orientation du médecin) est une avancée, mais 8 séances, c’est insuffisant pour une dépression post-partum avérée. Et les psychologues spécialisés en périnatalité restent rares en dehors des grandes villes.
Il y a aussi un problème de formation des professionnels de santé qui suivent les femmes en post-partum — sage-femmes, médecins généralistes, pédiatres. Le dépistage n’est pas systématisé. Des femmes passent à travers les mailles du filet pendant des mois.
Ce que j’attends : une politique nationale de santé périnatale qui intègre vraiment la santé mentale maternelle, avec des ressources humaines et financières à la hauteur. On l’a pour certaines maladies chroniques — il faut l’avoir pour la santé mentale des mères.
Ressources recommandées en premier recours
Le rôle du partenaire dans la santé mentale maternelle
Claire Vasseur : Quelles ressources conseillez-vous aux mères qui se reconnaissent dans ce que vous décrivez ?
Sophie Marchand : D'abord, le médecin traitant. C'est le pivot du système. Il peut orienter vers un psychologue via MonPsy, prescrire un traitement médicamenteux si nécessaire (certains antidépresseurs sont compatibles avec l'allaitement), et coordonner un suivi. Si la relation est de qualité, c'est le premier pas le plus important.
Le soutien du partenaire est crucial pour le bien-être maternel, permettant à la mère de se sentir comprise et accompagnée.
La sage-femme aussi : en France, les sage-femmes peuvent suivre les femmes jusqu’à trois mois après l’accouchement. Beaucoup ont des compétences en entretien postnatal et peuvent orienter vers des ressources adaptées.
Les PMI (Protection Maternelle et Infantile) sont encore trop peu utilisées pour la santé mentale maternelle alors qu’elles ont des assistantes sociales et parfois des psychologues sur place, gratuitement. C’est une ressource précieuse.
L’association Maman Blues propose un forum de soutien entre pairs, une ligne d’écoute, et une liste de professionnels formés en périnatalité. Pour les mères qui n’osent pas encore consulter, c’est souvent la première étape : réaliser qu’elles ne sont pas seules.
Et pour les cas graves, ne jamais hésiter à appeler le 15 (SAMU) ou le 3114. La dépression post-partum sévère peut mener à des pensées suicidaires — l’alerte de l’INSERM sur la mortalité maternelle liée au suicide le rappelle avec force. Ce sont des situations d’urgence médicale.
Ce qui a changé depuis la pandémie
Claire Vasseur : La pandémie de COVID-19 a-t-elle modifié quelque chose dans ce que vous observez en consultation ?
Sophie Marchand : Oui, de façon durable. La pandémie a cristallisé des fragilités qui existaient avant mais que le rythme social masquait. L'isolement du post-partum, toujours difficile, est devenu extrême pendant les confinements. Des mères ont accouché seules, ont découvert la parentalité sans réseau de soutien, sans café de quartier, sans crèche, sans grand-parents. Ce vécu a laissé des traces.
Ce que j’observe aujourd’hui : une génération de mères très conscientes de l’importance de la santé mentale — elles ont vu les campagnes, elles lisent les articles — mais qui peinent encore à se donner la permission de souffrir, et encore plus à trouver une aide concrète accessible. La sensibilisation a progressé ; l’accès aux soins, beaucoup moins.
Il y a aussi une augmentation visible des états anxieux dans ma patientèle périnatalité — des mères hypervigilantes, inquiètes pour la santé de leur bébé, qui anticipent les catastrophes. Le monde post-pandémique est perçu comme moins sûr, et cela se retrouve dans la façon dont certaines mères vivent la vulnérabilité de leur nourrisson.
Un message aux mères qui lisent cet article
Claire Vasseur : Si vous deviez adresser un message direct aux mères qui lisent cet entretien et se reconnaissent dans ce que vous décrivez ?
Sophie Marchand : Que ce n'est pas de leur faute. Que souffrir en tant que mère n'est pas une preuve d'insuffisance, d'ingratitude ou d'échec. Que le cerveau, le corps et la vie familiale traversent l'un des bouleversements les plus intenses qui soient, et que s'y sentir dépassée est une réponse humaine normale à une situation exceptionnelle.
Et que demander de l’aide, c’est l’acte parental le plus courageux et le plus efficace qu’elles puissent faire. Pas pour elles seules — pour leur bébé aussi. Une mère qui va mieux est une mère plus présente, plus sensible, plus disponible affectivement. C’est ça, prendre soin de son enfant.
Enfin : elles ne doivent pas attendre d’aller vraiment mal pour consulter. Le seuil n’est pas la crise. Si quelque chose ne semble pas aller, si un doute persiste, si une amie ou un partenaire exprime une inquiétude — c’est suffisant pour décrocher le téléphone et prendre rendez-vous.
6 idées reçues sur la santé mentale maternelle
Idée reçue
Réalité
“La dépression post-partum, c’est rare”
10 à 20 % des mères — ce n’est pas marginal
“Une bonne mère n’est pas dépressive”
La dépression n’est pas un défaut de caractère : c’est une maladie
“Ça passe tout seul avec le temps”
Sans traitement, la dépression post-partum peut durer des mois ou des années
“Les antidépresseurs sont incompatibles avec l’allaitement”
Certains antidépresseurs sont compatibles avec l’allaitement — à discuter avec le médecin
“Parler de sa souffrance va inquiéter le bébé”
Les nourrissons perçoivent la détresse de leur mère bien plus quand elle est non verbalisée et niée
“Consulter un psy, c’est réservé aux cas graves”
La consultation préventive est le meilleur investissement en santé mentale périnatale
3 choses à retenir selon Sophie Marchand
Soigner la mère, c’est protéger l’enfant — les deux sont indissociables, et la prise en charge de la santé mentale maternelle est de la pédiatrie préventive.
Le seuil pour consulter est bas — ne pas attendre la crise ; un doute, une persistance, un signal de l’entourage suffisent.
Le système de santé français doit progresser — mais les ressources existent déjà (médecin traitant, sage-femme, PMI, MonPsy) et les mères qui les utilisent s’en sortent mieux.
Selon les estimations de la Haute Autorité de Santé (HAS), entre 10 et 20 % des femmes développent une dépression post-partum dans l'année suivant l'accouchement, soit entre 75 000 et 150 000 femmes chaque année en France. Ces chiffres sont probablement sous-estimés en raison du sous-diagnostic.
Le baby blues est une réaction normale aux bouleversements hormonaux et émotionnels de l'accouchement. Il survient dans les 3 à 5 jours suivant la naissance, dure entre quelques heures et quelques jours, et disparaît spontanément. La dépression post-partum, elle, persiste au-delà de deux semaines, s'intensifie et entrave le fonctionnement quotidien. Elle nécessite une prise en charge professionnelle.
Le burn-out maternel est une forme spécifique du burn-out parental qui tient compte des particularités de l'expérience maternelle : l'allaitement, le post-partum, l'injonction à l'amour maternel inconditionnel, et la charge mentale disproportionnée encore portée par les mères. Il partage les mêmes critères (épuisement, distanciation, perte d'efficacité) mais s'inscrit dans un contexte socio-culturel particulier.
La prise en charge reste insuffisante et inégalement accessible. Le dépistage de la dépression post-partum (par l'échelle EPDS) est recommandé mais non systématisé en France, contrairement à d'autres pays européens. Les unités mère-enfant (UME) permettent une hospitalisation conjointe en cas de crise sévère, mais sont en nombre insuffisant. La Haute Autorité de Santé recommande depuis 2022 un entretien périnatal précoce pour toutes les femmes, mais son application reste partielle.
Les principales ressources en France : le médecin traitant (premier recours), la sage-femme (qui peut suivre jusqu'à 3 mois post-partum), les PMI (Protection Maternelle et Infantile), les psychologues libéraux (partiellement remboursés via MonPsy), les unités mère-enfant en cas de crise sévère, et les associations comme Maman Blues (soutien entre pairs) et l'APEC périnatal.
Oui, de façon documentée. Une mère en bonne santé mentale présente une plus grande sensibilité aux signaux de son nourrisson, une réponse plus cohérente à ses besoins et une relation d'attachement plus sécure. À l'inverse, une dépression maternelle non traitée est associée à un risque accru de retards de développement du langage, de difficultés d'attachement et de vulnérabilité émotionnelle chez l'enfant. Soigner la mère, c'est aussi protéger l'enfant.